La pomme de terre est un tubercule comestible qui apparaît en Europe au XVIème siècle, rapportée de la cordillère des Andes en Amérique du Sud par les conquistadors espagnols. En France, c’est l’apothicaire Antoine Parmentier qui la popularisera à la fin du XVIIIème siècle pour lutter contre les famines. On n’en dénombre pas moins de 10 000 variétés dans le monde. La France inscrit de très nombreuses variétés à son catalogue officiel, adaptées à divers usages culinaires.
Tout comme la tomate, la pomme de terre fait partie de la grande famille des solanacées, qui compte aussi les poivrons et les aubergines. Bien que ce soit botaniquement une tige souterraine modifiée (un tubercule), la pomme de terre est le légume le plus consommé en France et l’un des piliers de notre alimentation. Les pommes de terre offrent des formes, des tailles et des couleurs très diversifiées. Elles sont rondes, oblongues, allongées ou bosselées, et leurs couleurs de peau et de chair varient du blanc au jaune, en passant par le rouge, le rose et même le violet foncé ou le bleu.
Les Français consomment en moyenne près de 150 kg de pommes de terre par an pour une famille de 4 personnes (soit environ 35 kg par habitant, en incluant les produits transformés). Chaque plant de pomme de terre produit en moyenne entre 800 grammes et 1,5 kg de tubercules selon les variétés et la richesse du sol. Pour atteindre l’objectif de nourrir sa famille toute l’année (y compris pour la conservation hivernale), il faut prévoir une culture beaucoup plus grande que pour la tomate : on compte souvent entre 100 et 150 plants pour couvrir les besoins d’une famille de 4 personnes.
La qualité de la terre et les conditions de culture Nous cultivons nos pommes de terre en plein champ ou au potager. Elles nécessitent un sol profond, léger, meuble et bien drainé. Une terre trop lourde ou argileuse freinera le développement des tubercules et favorisera la pourriture. Contrairement à la tomate, on ne la cultive pas en serre (sauf pour de la primeur très précoce), mais elle reste extrêmement sensible au mildiou dans les régions tempérées où il pleut régulièrement.
Pour la pomme de terre, on ne fait généralement pas de semis de graines, on plante des tubercules germés. C’est entre fin février et mars que tout commence. Placez vos plants de pommes de terre (tubercules) dans des clayettes en bois, sans les superposer, les « yeux » (futurs germes) dirigés vers le haut. Exposez-les à la lumière dans une pièce fraîche, sèche et aérée, avec une température constante de 10° à 15°. Une belle lumière indirecte permettra l’apparition de germes courts, trapus et colorés (souvent violacés ou verdâtres), signe d’une bonne vigueur. Laissez germer pendant environ 4 à 6 semaines.
Conseil : Avant de planter, assurez-vous que la terre est suffisamment réchauffée (environ 10°C en profondeur). Un dicton de jardinier dit qu’il faut planter les pommes de terre quand le lilas fleurit.
Comment planter les plants de pommes de terre ? Dès la mi-avril ou début mai (selon votre région, après les fortes gelées), préparez votre sol. Avec une serfouette ou une houe, tracez des sillons (des tranchées) de 10 à 15 cm de profondeur, espacés de 60 à 70 cm les uns des autres. Déposez délicatement vos tubercules germés au fond du sillon, les germes tournés vers le ciel, en les espaçant de 35 à 40 cm. Recouvrez-les d’une terre fine sans abîmer les germes. Astuce : Comme pour la tomate, vous pouvez déposer un peu de consoude hachée dans le sillon avant de refermer, cela apportera du potassium essentiel au grossissement des tubercules. N’apportez pas de fumier frais, cela favoriserait les maladies. Arrosez légèrement si la terre est très sèche, mais la pomme de terre craint l’excès d’eau au démarrage qui ferait pourrir le plant.
Quelles variétés choisir ? Il est difficile de faire un choix tellement il y a de variétés, classées selon leur chair. Parmi les incontournables à chair ferme (qui tiennent bien à la cuisson pour salades, vapeur ou rissolées), on retrouve l’Amandine, la Charlotte ou l’Annabelle. Pour les purées, frites et potages, on privilégie les chairs farineuses comme la célèbre Bintje, l’Agata ou la Monalisa. Les curieux adorent la Vitelotte avec sa chair violette surprenante ou la Corne de Gatte pour son goût de noisette. Pour la conservation hivernale longue, des variétés rustiques comme la Désirée sont parfaites.
Il y a un geste d’entretien absolument incontournable : le buttage. Lorsque vos plants sortent de terre et atteignent 15 à 20 cm de hauteur, il faut ramener la terre située entre les rangs au pied des tiges pour former une petite butte (un monticule). Ce geste a trois fonctions essentielles :
Il favorise le développement du réseau racinaire et la création de nouveaux tubercules en hauteur.
Il maintient les tiges droites face au vent.
Il protège les tubercules de la lumière : une pomme de terre exposée au soleil verdit et développe de la solanine, une substance toxique pour l’homme.
L’arrosage : Arrosez uniquement quand la pomme de terre en a besoin, particulièrement au moment de la floraison, car c’est à ce moment-là que les tubercules se forment et grossissent en terre. N’arrosez jamais le feuillage, uniquement le pied, car l’humidité sur les feuilles appelle le mildiou.
Il faut compter environ 2 à 3 mois pour déguster des pommes de terre nouvelles ou primeurs (récolte en juin/juillet dès que le plant fleurit). Elles se mangent tout de suite et ne se conservent pas. Pour les pommes de terre de conservation, attendez 4 à 5 mois. La récolte se fait à la fin de l’été ou en début d’automne, lorsque le feuillage est complètement jauni, fané et couché sur le sol. Utilisez une fourche-bêche en piquant large autour du plant pour soulever la terre sans transpercer les tubercules. Laissez-les sécher quelques heures sur la terre (le ressuyage).
Comment conserver ses tubercules et préparer ses « graines » ? Stockez vos pommes de terre de consommation dans des cagettes, dans un endroit frais (idéalement 6 à 8°C), aéré et totalement dans l’obscurité pour éviter qu’elles ne germent ou ne verdissent. Pour faire vos propres « semences » l’année suivante, sélectionnez lors de la récolte les plus beaux tubercules (taille d’un œuf de poule) sur vos plants les plus sains et productifs. Conservez-les de la même manière dans l’obscurité fraîche, avant de les remettre à la lumière à la fin de l’hiver pour la germination.
✅ Plantes amies : Pois, fèves, haricots, choux, ail, oignons, et les œillets d’Inde ou soucis qui éloignent certains parasites du sol (nématodes).
❌ Plantes ennemies : Tomate, aubergine (ils partagent les mêmes maladies), courge, concombre, tournesol.
Protection : Pour protéger vos plants contre le Doryphore (un coléoptère rayé jaune et noir qui dévore les feuilles à une vitesse fulgurante), surveillez régulièrement vos rangs. La méthode la plus efficace reste le ramassage manuel des insectes adultes, des larves rouges et l’écrasement des œufs orangés situés sous les feuilles.
Reproduction : Contrairement à la tomate, nous ne cultivons pas la pomme de terre pour ses fruits (qui sont d’ailleurs des petites baies vertes toxiques ressemblant à des mini-tomates vertes). La reproduction au potager se fait par multiplication végétative (le tubercule crée des clones). Les fleurs sont utiles car elles signalent le début de la formation des tubercules souterrains.
Les maladies les plus courantes
Le mildiou : Comme pour la tomate, le mildiou est l’ennemi numéro un de la pomme de terre. Il apparaît souvent en juillet et se propage très rapidement. C’est un champignon qui se développe par temps humide et doux.
Méthode Préventive : Espacez bien vos rangs pour laisser circuler l’air. Après chaque épisode de pluie, vous pouvez pulvériser du purin de prêle. Vous pouvez aussi utiliser de la Bouillie Bordelaise en respectant scrupuleusement les mêmes avertissements et dosages que pour la tomate (le cuivre s’accumule dans les sols, prudence !). Vérifiez très régulièrement l’état de vos plants : Si vous voyez apparaître des taches brunes bordées d’un duvet blanc sur les feuilles ou les tiges, il faut agir.
Méthode efficace : Coupez et brûlez immédiatement le feuillage atteint pour éviter que les spores du champignon ne descendent avec l’eau de pluie vers les tubercules souterrains, ce qui les ferait pourrir. Si l’attaque a lieu en fin de saison, coupez tout le feuillage à ras du sol ; les tubercules continueront de mûrir sous terre sans être infectés.
Sur notre chaine YouTube une playlist nommée « Pommes de terre, je vous aime » lui est consacré. C’est vous dire la passion culinaire que nous lui vouons.
La pomme de terre est un féculent tout terrain qui se cuisine de mille et une façon et, qui fait le bonheur de toute la famille. Cuite à la vapeur elle ne contient que 90 calories pour 100g, ce qui la rend peu calorique , évidemment si on n’y ajoute pas une plaque beurre breton dessus !!!
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